« Et la lumière fût »…

Les êtres qui nous inspirent le plus, ne sont pas ceux qui exposent leurs idées et leurs croyances dans de beaux discours, mais ceux qui les incarnent dans leur propre vie. Le fait qu’un auteur soit inspirant ne vient pas tant du fait qu’il nous partage sa manière de penser ou nous donne des conseils, aussi pertinents soient-ils, mais bien de sa capacité à intégrer et incarner ses propres préceptes dans sa vie quotidienne.

Jacques LUSSEYRAN, dont je vais vous parler dans cet article, est une de ces personnes qui, à travers son parcours et le partage de son expérience, instaure en vous une nouvelle façon de voir les choses et un autre regard sur vos propres défis.

« Le désir est né en moi de dire ce que je sais, parce que je ne sais rien, sinon moi-même et que cette ignorance me plaît et me rassure. »

Extrait d’une interview de Jacques LUSSEYRAN

Dans cet article, je vais vous partager 5 concepts, tirés de son livre autobiographique « Et la lumière fût« , qui peuvent vous inspirer pour mieux faire face à la vie avec la maladie.

Qui est Jacques LUSSEYRAN ?


De Jacques LUSSEYRAN, né en 1924 et décédé en 1971, on cite souvent deux caractéristiques au premier abord divergentes. La première, c’est qu‘il est aveugle. A l’âge de 8 ans, il a perdu la vue suite à un accident. Le second fait évoqué, quand on parle de Jacques LUSSEYRAN, est son statut de résistant durant la seconde guerre mondiale.

En effet, à l’âge de 17 ans, malgré son handicap, Jacques LUSSEYRAN prend l’initiative de créer un mouvement de résistance. Il sera d’ailleurs arrêté en 1943 et déporté au camp de Buchenwald de 1944 à 1945 d’où il ressortira vivant (autre fait exceptionnel au vu de sa situation).

Bien sûr, Jacques LUSSEYRAN ne se réduit pas à ces deux faits: son handicap et son engagement. C’est un homme de lettres, extrêmement brillant, qui obtiendra d’ailleurs, après la guerre, une agrégation en lettres et en philosophie, puis s’exilera aux Etats-Unis pour pouvoir enseigner la littérature dans plusieurs universités prestigieuses. Parallèlement à cela, il est également l’auteur de plusieurs livres autobiographiques.

Un homme exceptionnel


Cependant, ce qui rend cet homme exceptionnel, c’est certes sa vie incroyable, mais surtout sa philosophie de vie, sa manière d’appréhender les circonstances de vie qu’il a du affronter, son engagement et sa confiance sans faille en lui-même et dans la vie.

Dans son livre « Et la lumière fût « , Jacques LUSSEYRAN retrace les 20 premières années de sa vie. Il nous partage sa manière de voir la vie, comment il s’est adapté à son handicap, comment il a fait de celui-ci une force, sa force pour faire face aux évènements.

Tout au long de ce livre, on ne peut qu’être admiratif de la capacité de résilience de cet homme et de sa capacité à s’abandonner à ce qui est, à ne pas y opposer de résistance. Epaté également par la qualité de connexion qu’il a développé avec son « monde intérieur » suite à la cécité et la façon dont il honore ses mouvements intérieurs et agit dans son monde et sur le monde.

5 leçons à retenir de « Et la lumière fût »


Si j’ai eu envie de partager ce livre avec vous c’est, non pas pour la narration de son récit de vie et des évènements qu’il a traversés (même si ceux-ci sont exceptionnels), mais plus pour la richesse de l’introspection menée par Jacques LUSSEYRAN face à son handicap, son rapport aux autres, à la vie, aux émotionsRécit introspectif qui nous amène à nous interroger sur nos propres défis et la manière dont nous les appréhendons.

De cette narration, j’ai extrait un grand nombre de concepts me paraissant pertinents au regard des défis engendrés par la vie avec la maladie. Dans cet article, je me limiterai à 5 d’entre eux que j’évoquerai brièvement.

En effet pour le détail de ceux-ci, et leur apport pour mieux vivre avec des circonstances de vie difficiles, je vous renvoie au visionnage de la vidéo (accessible en bas d’article ou directement sur ma chaîne YouTube) où j’évoque également d’autres aspects du livre « Et la lumière fût ».


S’accrocher à l’ancien nous empêche de créer le nouveau

« Les enfants ne protestent jamais contre les circonstances, à moins naturellement que les grandes personnes elles-mêmes soient assez folles pour leur apprendre à le faire »

Jacques LUSSEYRAN – « Et la lumière fût »

Dans son livre, Jacques LUSSEYRAN nous explique comment il s’est adapté très rapidement à son handicap. Pour lui, sa forte capacité d’adaptation et de résilience fut liée au fait qu’il est devenu aveugle alors qu’il était encore enfant.

De ce fait, il n’avait pas de schéma préétabli de ce qui « devrait être ». Selon lui, le fait de ne pas avoir d’habitude déjà fortement ancrée, que ce soit corporelle ou mentale, lui a permis de créer rapidement de nouvelles manières d’être au monde avec ce handicap. Il est intéressant de noter que, plus de 50 ans plus tard, les neurosciences lui donnent raison au regard de ce que l’on sait maintenant de la plasticité cérébrale et du développement et fonctionnement neurocognitif.

En tant qu’adulte, nos habitudes et repères sont fortement implantés dans nos chemins neuraux et beaucoup plus rigides, ce qui rend d’autant plus difficile l’adaptation. D’où la difficulté de faire face ou de changer, même quand on le sait nécessaire pour nous.


Notre perception impacte notre vécu et notre réalité

« Si la cécité est tenue pour une privation, elle devient aussitôt une privation. Si nous ne pensons à la cécité que comme une condition diminuée et qu’il faut à tout prix compenser, un chemin s’ouvre, mais il ne nous mène pas loin. Si, au contraire, la cécité est regardée comme un état différent de la perception, un niveau différent de l’expérience, alors tout est permis »

Jacques LUSSEYRAN – « La lumière dans les ténèbres »

Une fois de plus, par l’exemple, Jacques LUSSEYRAN nous explique comment nos perceptions et l’histoire que l’on se raconte sur « ce qui nous arrive » impacte notre vécu et notre réalité. Nos perceptions peuvent nous limiter, nous contraindre, ou au contraire ouvrir de nouvelles possibilités en nous.

Je vous laisse découvrir dans la vidéo l’exemple cité par Jacques LUSSEYRAN sur sa dépendance aux autres à cause de la cécité et comment il a décidé de créer une narration faisant de celle-ci un atout et non un handicap.


Nos cognitions et sentiments impactent nos perceptions

« Je regardais le grand signal lumineux qui m’apprenait à vivre »

Jacques LUSSEYRAN – « Et la lumière fût »

Que ce soit dans ses conférences ou dans ses livres, ce qui est extraordinaire avec Jacques LUSSEYRAN, c’est le récit qu’il nous fait de ses perceptions et sensations avec la cécité. Celles-ci renversent tous nos nos préjugés sur le sujet. Certes, il ne voit pas avec ses yeux, mais il voit quand même. Il perçoit les espaces, il voit la lumière et les couleurs en lui, il voit grâce aux sons…

Et ce qui m’a particulièrement interpellée, c’est la façon dont il nous décrit l’impact de ses perceptions et de ses sentiments sur sa lumière intérieure, sur sa capacité à voir et sur son discernement.

Il nous illustre magnifiquement comment il perçoit en lui l’énergie de l’acceptation, comment elle lui apporte la lumière, clarifie tout et rend ses choix simples et justes. A l’inverse, il nous explique comment le ressentiment, la jalousie, la peur (pour ne citer que quelques exemples) l’enferment, l’emprisonnent et le rendent véritablement aveugle. Il passe ainsi d’un monde lumineux où il peut voir, s’orienter sans problème dans son environnement à un monde où tout s’éteint en lui, tout devient noir. Il se cogne de nouveau partout et à tout, et redevient « aveugle ».


L’acceptation comme point de départ

« Notre liberté n’est pas dans le refus de ce qui nous frappe. Etre libre, je le voyais, c’était, acceptant les faits, de renverser l’ordre de leurs conséquences »

Jacques LUSSEYRAN – « Et la lumière fût »

« Et la lumière fût » est un magnifique hymne à l’acceptation et à la non résistance à ce qui se présente à nous, aussi difficile soient les évènements. De son handicap, de ses difficultés, Jacques LUSSEYRAN a créé des opportunités et l’ensemble du livre l’illustre magistralement.

De plus, l’idée n’est pas de prôner une quelconque résignation face à ce qui nous arrive mais bien de regarder avec curiosité ce qui se passe en nous et de saisir les opportunités d’être avec et d’exprimer ce qui est juste pour soi.


L’importance de partir de soi

« Une vérité c’est ce qui apparait à la pointe extrême de chaque expérience, d’une expérience faite personnellement et jusqu’au bout. »

Jacques LUSSEYRAN – « La lumière dans les ténèbres »

Ce livre est également une ode à la reconnexion à soi et à son monde intérieur, au respect de sa guidance propre et personnelle.

En réalité, ce livre partage tellement plus que cela. Ce récit de vie ne se lit pas mais se vit.

Dans la vidéo, ci dessous, j’évoque plus précisément comment les cinq concepts évoqués sont applicables dans le cadre de la vie avec une maladie chronique. Si ce que vous venez de lire a résonné avec vous, je vous encourage vivement à lire ce livre.

Ce que m’a appris la cécité


Pour avoir plus de détails sur le livre « Et la lumière fût », sur Jacques LUSSEYRAN, son parcours, sa façon d’appréhender sa cécité et plus globalement sa vision de la vie, visionner la vidéo ci-dessous:

Dans cette vidéo, j’aborde les points suivants:

  • 00:00• Jacques LUSSEYRAN: ce que la cécité m’a appris
  • 02:08• Qui est Jacques LUSSEYRAN ?
  • 5 concepts applicables à la vie avec la maladie:
    • 04:13• 1. Ce qui nous empêche de nous adapter
    • 06:26• 2. L’impact de nos perceptions
    • 08:51• 3. Une vision imagée de l’acceptation
    • 11:48• 4. L’importance de l’acceptation
    • 14:48• 5. Définir ce qui est juste pour soi


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