Savoir ce qui est bon pour soi

Les bouleversements entrainés par la maladie nous font souvent perdre la connexion avec nous-même. On ne sait plus ce qui est bon pour nous, ce qui va nous faire du bien versus ce qui risque de nous aggraver.

Dans cet article, je vous parle de l’importance de s’écouter, de se relier à soi pour définir ce qui est bon pour soi et pourquoi, en termes de santé et de mieux-être, partir de soi est primordial pour aller mieux.

Cet article fait partie de la série « Soigne-toi » et se décline sous deux formats (audio et écrit) complémentaires l’un à l’autre

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Sommaire



Vivre avec une maladie chronique


Vivre avec une maladie chronique, c’est se retrouver face à un corps que l’on ne reconnait plus. C’est ressentir des sensations nouvelles qui nous font souffrir et souvent nous dépassent. C’est apprendre à vivre avec des symptômes qui échappent, non seulement à notre contrôle, mais aussi quelquefois à toute logique.

Face à un tel tsunami, qui bouleverse votre vie et vos repères, vous êtes surement en quête d’une solution ; une solution pour aller mieux et une proposition thérapeutique pour vous sortir de ces difficultés. Dans cette recherche souvent effrénée de solutions, vous avez surement trouvé de nombreux conseils, des informations diverses et variées provenant d’autres patients, de médecins, thérapeutes….

Face à ce monde de la maladie et du soin et cette pluralité d’avis sur ce que vous devez faire pour aller mieux, vous pouvez vous sentir perdu. Et c’est tout à faire normal, tant la profusion de conseils divers et variés, et quelquefois contradictoires, inondent les réseaux, en plus de ce que vous disent médecins et thérapeutes.  

Cependant, un facteur est rarement évoqué, qui pourtant augmente cette sensation d’être perdue et désemparée. C’est le fait d’oublier de vous consulter vous. De porter votre regard sur l’extérieur et d’oublier de voir ce qu’il se passe en vous, à l’intérieur face à cela. De prendre l’information venant de l’extérieur pour une vérité absolue en oubliant de vous octroyer le temps de la digérer et surtout de voir si elle résonne pour vous.

Fuir dans le mental : 2 écueils


Le problème que rencontre la majorité des personnes vivant avec des troubles de santé chroniques, c’est qu’à force de faire l’expérience, jour après jour, d’un corps qui dysfonctionne et fait souffrir, vous pouvez vous déconnecter de votre corps et de vos sensations.

Ainsi, pour prendre les décisions nécessaires pour votre santé, peut-être vous basez vous plus sur votre mental que sur vos ressentis. Et, encore une fois, rien d’anormal à cela au vu des souffrances que vous vivez avec la maladie.

Cependant, si vous partez essentiellement de vos cognitions pour prendre des décisions pour votre santé, vous risquez de tomber dans les 2 écueils suivants :

  • Scinder votre corps et votre esprit, ne vivre que dans votre tête et vous coupez ainsi définitivement de vos ressentis: En faisant cela, vous vous coupez d’informations essentielles transmises par vos sensations corporelles et vous permettant de juger ce qui est bon ou pas pour vous.
  • Perdre le contact avec votre boussole intérieure : Sans vous en rendre compte, votre mental risque, à terme, de mettre en place un mécanisme de protection qui va encore plus vous éloigner de votre boussole intérieure. En effet, en ayant pour objectif d’endiguer, de contrôler la maladie, votre mental donne l’information que votre corps est une potentielle menace.  Ceci va encore plus vous éloigner de votre boussole intérieure, qui est souvent médiée par vos sensations corporelles.

Partir de soi


A force de souffrir, sans savoir comment alléger cette souffrance, il peut arriver que l’on finisse par perdre toute confiance en soi, en plus de la connexion avec soi-même.

Suite à cela, on a tendance à s’en remettre aux autres, à « ceux qui savent » pour savoir quoi faire pour aller mieux. En soi, ce n’est pas une mauvaise chose puisqu’en effet les autres patients, les médecins, les thérapeutes…, ont beaucoup à vous apprendre sur votre pathologie, les traitements et protocoles de soins.

Cependant, n’oubliez jamais que vous seul pouvez ressentir ce que vous ressentez et qu’à ce titre vous êtes la personne qui vous connaissez le mieux. Le principal expert de vous, c’est vous. Vous êtes l’expert de ce que vous vivez.  Et cette expérience doit faire partie de votre suivi thérapeutique. Elle doit rentrer dans le cadre de votre protocole de soins.

Si vous vous coupez de vous, vous vous coupez également de cette masse d’informations qui pourrait vous être utile pour aller mieux. La vérité de l’autre, aussi compétent soit-il, n’est peut-être pas la vôtre. Et mettre en place un changement, un protocole de soins, ou un traitement sans vous consulter, sans voir si cela résonne comme juste ou non pour vous, peut avoir des conséquences que vous ne soupçonnez peut être pas.

Précision

Attention, mon propos, dans cet article, n’est pas de dire qu’il ne faut pas se reposer sur quelqu’un, qu’il ne faut pas faire confiance aux professionnels qui vous suivent. Je ne prône pas le fait d’être septique mais bien de mener un travail en collaboration avec les professionnels de santé, de former une véritable alliance thérapeutique pour cheminer vers la guérison ou le mieux-être avec la maladie, de ne pas vous oublier en chemin et de ne pas être juste « patient » mais bien acteur de votre santé.

Alors en quoi est-ce aussi capital de partir de soi ? En quoi cela peut-il impacter les protocoles thérapeutiques que vous allez mettre en place ?

Lorsque l’on parle de guérison et/ou d’aller mieux, vous devez prendre en compte deux choses qu’on oublie malheureusement souvent et qui explique l’importance de se consulter pour faire les bons choix pour soi.

Ce qui vous guérit


Première chose : guérir n’est pas sous votre volonté, sous votre contrôle conscient.

En effet, vous avez beau essayer de tout mettre en œuvre, du mieux possible, de suivre un protocole spécifique… le fait d’aller mieux, le fait que votre corps guérisse, récupère, n’est pas sous le contrôle de votre mental.  Ce processus n’est pas du ressort de vos cognitions.

De ce fait, penser votre guérison comme un processus logique, implacable qui voudrait que A entraine automatiquement B, qu’un traitement A entraine automatiquement l’amélioration B ne fonctionne pas. Car entre A et B, une pluralité de facteurs est à prendre en compte. Et parmi ces facteurs, le fonctionnement spécifique de votre corps, de votre système nerveux, la temporalité nécessaire pour guérir qui vous est propre.

Vous n’avez pas de contrôle sur ces aspects (en tout cas pas de contrôle conscient direct). En réalité, vous pouvez seulement vous aider en vous accompagnant du mieux possible, en faisant des choix aptes à vous soutenir au mieux, apte à soutenir ce processus de récupération du mieux possible.

 Et, en ce sens, faire des choix en accord avec ce qui résonne pour vous est un moyen de vous soutenir, de soutenir votre corps, son processus de réparation, de récupération, voire pour certains de guérison en fonction des pathologies.

L’importance du comment


Deuxième aspect à prendre en compte: Dans le cadre de la définition d’un protocole de soins, on porte logiquement toute son attention sur la nature des changements que l’on va mettre en place (que ce soit un traitement, une modification liée à l’hygiène de vie…). Cependant, on omet souvent de prendre en compte l’importance du « comment on va mettre en place ces changements ».

Pourquoi c’est primordial ? Car pour tirer parti au maximum des modifications apportées, votre corps doit être dans les meilleures dispositions pour le faire. Et attention je ne vous parle pas ici de mindset ou de pensée positive, je vous parle de l’état dans lequel se trouve votre système nerveux.

Parce qu’en réalité vous pouvez très bien prendre un médicament et que celui-ci ne vous aide pas, non pas parce qu’il est inefficace, mais parce que votre système nerveux est activé d’une certaine façon qui va réduire son absorption, et qui va limiter son action…

Et c’est pourquoi, si vous partez d’une stratégie issue essentiellement de votre mental, de ce qu’on vous a dit, de connaissances purement théoriques, cela peut ne pas fonctionner, même si le traitement proposé est celui qu’il vous faut pour aller mieux. Il est essentiel de vous consulter pour voir si ce que l’on vous propose résonne pour vous. Car le « comment » est tout aussi important que le changement en lui-même. Pour obtenir les meilleurs résultats possibles, il est nécessaire que votre corps soit dans les meilleures dispositions possibles pour en tirer parti.

L’exemple de l’alimentation


 Je vais vous prendre un exemple pour que cela soit plus clair : l’alimentation. Un des changements, que mettent souvent en place les gens vivant avec une maladie chronique pour se sentir mieux, est le changement d’alimentation.

L’objectif ici n’est pas de parler de quel type d’alimentation est la meilleure mais bien d’illustrer comment même un changement alimentaire vers du plus sain, du moins inflammatoire… peut ne pas avoir d’effet à cause du « comment » on le met en place.

Prenons l’exemple d’un changement alimentaire qui serait contraint : que vous fassiez ce changement parce que, cognitivement, vous jugez que c’est ce qu’il y a de mieux à faire pour vous. Mais, qu’au fond de vous, vous ressentiez une résistance : résistance que vous choisissez délibérément de ne pas écouter. Imaginons que vous ressentiez par exemple beaucoup de frustration face à cette nouvelle alimentation mais que vous n’écoutiez pas cette frustration.

Dans ce cas, vous prenez le risque d’inhiber, en partie ou totalement pour certains, les bienfaits de cette nouvelle façon de vous alimenter. Et ce même si l’alimentation en elle-même est beaucoup plus saine.

Comment est-ce possible ? Je vous l’explique ci-dessous.

La résistance au changement


Pour bien comprendre ce qu’il se passe dans ce cas-là, il faut comprendre comment fonctionne votre cerveau et comment celui-ci réagit en cas de menace réelle ou perçue.

Tout ce qui n’est pas familier va automatiquement mobiliser vos capacités d’attention. C’est ce qu’il se passe lors d’un changement. Votre cerveau va se focaliser sur les nouveaux stimuli pour déterminer si, face à ce changement de contexte, vous êtes en sécurité. C’est son travail : vous maintenir en sécurité. Si votre cerveau détermine (pour des raisons qui peuvent être différentes en fonction de chacun, de votre parcours de vie, de vos expériences passées, de votre façon d’appréhender les choses…) que ce changement représente une menace potentielle, il va envoyer l’ordre au corps de moduler ses réactions et son fonctionnement pour s’adapter à celle-ci (même si elle n’est pas réelle).

Ceci se fait grâce à votre système nerveux autonome, qui est une partie de votre système nerveux  en charge de maintenir l’homéostasie de votre corps et de réguler votre digestion, votre respiration, vos battements cardiaques et de très nombreuses autres fonctions automatiques de votre organisme.

Alors comment votre corps peut se mettre dans un état où il inhibe les bienfaits de changements pourtant positifs pour vous?

L’explication est très simple : Votre cerveau, pour une raison qui vous est propre, et dont vous n’avez pas d’ailleurs forcément conscience, va détecter un danger, une menace et va activer votre système nerveux en réponse à cela.  Pour l’exemple du changement alimentaire, suite à cette frustration, il va activer la physiologie du stress, ce qui aura pour conséquence de ralentir votre motilité intestinale. Ainsi le « comment » vous mettez en place ce changement (dans mon exemple avec une certaine résistance) va impacter vos capacités à digérer correctement et donc à tirer profit des nutriments liés à cette nouvelle alimentation.

C’est en cela qu’il est primordial de se demander face à tout changement, tout nouveau protocole de soins, tout nouveau thérapeute :

  • « Est-ce que cela résonne pour moi ? »
  • « Est-ce que je me sens ok avec cela ? »

Car, si dès le départ vous sentez une résistance en vous, cela peut être le signe que votre système nerveux a activé la physiologie de réponse au danger/ menace. Et, dans ce cas, cela risque d’inhiber les bénéfices de ce que vous mettez en place aussi positifs soit ce changement.

Garder la connexion à soi-même


Attention, mon propos n’est pas de dire que vous ne tirerez pas bénéfice des thérapeutiques si vous vous sentez frustré par exemple. L’objectif de cet article est simplement de vous alerter sur l’importance de vous consulter, l’importance de garder cette connexion avec vous-même, avec ce qui vous parait juste et adapté pour vous et de rester ainsi acteur de votre santé.

Car, comme évoqué précédemment, plus le temps passe avec la maladie, plus vous risquez de perdre cette connexion. Et pourtant, celle-ci est primordiale, puisque le corps vous envoie en permanence des signaux pour vous signifier dans quel état se trouve notre système nerveux, si ce que vous souhaitez mettre en place est perçu comme une menace pour notre système nerveux ou comme une aide.

Résumé #19


  •  Nous sommes tous différents et, à ce titre, la bonne thérapeutique est celle qui VOUS convient au regard de vos symptômes, de ce que vous vivez dans l’instant mais aussi de qui vous êtes et de ce qui résonne ou non comme juste pour vous.
  • Ce n’est pas vous qui guérissez, c’est votre corps.
  • Vous baser essentiellement sur votre mental pour faire vos choix peut vous faire passer à côté d’une aide précieuse que vous pourriez vous apporter.
  • Etant la personne qui vous connaissez le mieux, vous êtes le seul à savoir ce qui va vous soutenir, mettre votre corps dans un état de stress ou dans un état plus paisible.
  • Mais pour cela, vous devez garder la connexion avec vous-même et avec votre corps.

En conclusion


En conclusion, si rien ne fonctionne, rien ne vous soulage, si tous les changements mis en place ne vous aident pas, apprendre à vous connecter de nouveau à vous est peut-être la pièce manquante.

Apprenez à faire une pause, ressentir ce qu’il se passe en vous, voir dans quel état est votre système nerveux et s’il est apte ou non à tirer profit de ces changements. Si vous sentez en vous cette énergie de résistance, de lutte, la première étape sera peut-être de voir comment vous pouvez, dans un premier temps, vous soutenir vous apaiser face à ce que vous vivez.

Si vous avez du mal à vous connecter à vous, à définir ce qui est bon ou pas pour vous, je vous donnerai quelques pistes dans le prochain article (Soigne-toi 20) pour reprendre contact avec vous-même, vos sensations, ressentis, ce qui vous anime, et surtout ce qui résonne comme juste ou pas pour vous.

Je vous retrouve bientôt pour vous donner toutes ces pistes.

Podcast #19


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Pour aller plus loin


 

Episodes connexes de « Soigne-toi » – Pour aller plus loin:

✔️ « Soigne-toi #10 – Guérir grâce à la pensée positive : Mythe ou réalité? »: *Article: cliquez ici *Podcast: cliquez ici

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Vidéos pour aller plus loin:

✔️ Le RAPPORT à son CORPS : Vivre avec une maladie chronique: accessible ici

✔️ La PREMIERE ETAPE pour aller mieux: accessible ici

✔️ GARDER SON POUVOIR : accessible ici

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6 réflexions sur “Savoir ce qui est bon pour soi

  1. Je vous suis silencieusement depuis longtemps maintenant. Vos propos résonnent souvent pour moi. Merci de mettre des mots sur mes ressentis, et mes impressions.

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour Aurore, merci pour cet article très intelligent et porteur d’espoir. Votre travail m’apprend beaucoup et me fait progresser, et m’aide à aller mieux. Prenez bien soin de vous. Sincèrement. Marie Josee

    Aimé par 1 personne

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