Pourquoi votre repos n’est pas récupérateur ?

Aujourd’hui, j’expérimente un nouveau genre d’article la création d’une nouvelle série d’articles intitulée : « Soigne-toi ».

Le principe de cette série : partir d’une expérience personnelle vécue en tant que personne ayant des problèmes de santé chroniques, en comprendre les enjeux et voir comment s’aider au mieux dans cette situation au quotidien.

Avec cette série, j’ai voulu aborder les thèmes suivants :

  • Comment vous pouvez avoir un impact sur votre santé ?
  • Comment vous aider à vous sentir mieux ?

 Nouveauté

Les articles de la série « Soigne-toi » se déclinent en 2 formats :

  • Un article que vous pouvez lire comprenant différents liens pour approfondir le sujet
  • Un format podcast que vous pouvez écouter via la chaine You Tube « Glie Factory » ou sur différentes plateformes de podcasting

Pour écouter ou télécharger la version audio: cliquez ici


Le premier thème qui inaugure cette série porte sur l’importance du repos.

Cet article est scindé en deux parties :

  • Partie 1/2 : Pourquoi votre repos n’est pas aussi récupérateur que vous le souhaiteriez ?
  • Partie 2/2 : Comment retrouver un sommeil récupérateur ?



Sommaire



Le repos qui ne repose pas


Le thème de cet article part d’un constat personnel. Quand on vit avec une maladie chronique, le repos n’est pas toujours synonyme de repos justement.

En effet, n’avez-vous jamais expérimenté ces situations ?

  • Vous avez passé votre journée au lit pour récupérer de l’énergie et pourtant vous êtes toujours aussi épuisé, avec toujours autant de symptômes, à la fin de la journée.
  • Vous avez dormi toute le nuit mais vous vous réveillez le matin dans le même état que la veille au soir.

Vous avez l’impression que ce temps de repos ne vous sert à rien, que vous ne vous reposez jamais réellement. Alors pourquoi vivez-vous cela ? Pourquoi n’arrivez-vous plus à accéder à un repos réellement récupérateur ?

Je mets bien sur de côté tous les cas liés à des troubles du sommeil ou à des douleurs invalidantes empêchant de se reposer correctement.

 Je vais vous parler d’un autre phénomène qui se met en place sans même que vous en ayiez conscience et qui vous empêche de vous reposer réellement. En fait, sans vous en rendre compte, vous luttez contre le repos. Je vais vous expliquer ce qu’il se passe au niveau physiologique, ce qui se met en place au niveau biologique vous empêchant de vous reposer vraiment.

Les situations où on ne peut pas (ou on se s’accorde pas) le repos nécessaire


Quand je parle de lutter contre le repos, je n’englobe pas ces situations où vous n’avez pas le choix, toutes ces situations où vous n’avez pas la possibilité d’aller physiquement vous reposer (travail, enfants….).  

Je ne parle pas non plus de toutes les fois où vous pourriez le faire mais ne vous l’octroyez pas. Cette forme de résistance où vous vous dictez des impératifs de type : « il faut », « je dois »… qui vous empêchent d’aller prendre une pause, d’aller vous coucher, vous reposer alors que ce serait nécessaire pour votre corps et que vous pourriez décaler ce que vous pensez devoir faire dans l’instant.

Dans cet article, j’aborde vraiment tous ces moments où vous allez vous allonger (parce que vous êtes épuisé ou que vos symptomes deviennent trop invalidants pour continuer vos activités) mais où vous n’arrivez pas à récupérer. Vous êtes couché mais votre corps ne se repose pas car il n’est pas en capacité de récupérer.

La résistance consciente au repos


La première possibilité empêchant de véritablement vous reposer alors que vous êtes couché et immobile est celle où le mental tourne en boucle.

Dans cette situation, il est facile d’identifier pourquoi vous ne vous reposez pas : votre mental et vos pensées sont sur ON et non sur OFF. Elles tournent à plein régime sans que vous réussissiez à les stopper.

Cela peut se traduire par plusieurs types de pensées 


# Vous alimentez un auto-dialogue destructeur en ruminant des pensées catastrophes comme celles d’anticiper le futur en partant du principe que vous continuerez pour toujours à être dans l’état que vous vivez actuellement. Vous pouvez vous projeter dans les jours à venir en pensant à tout ce que vous avez à faire par exemple. 

Ce sont des pensées du genre :

  • « Et si jamais cela ne se calme pas comment vais-je faire ? »
  • « Je ne vais jamais réussir à assurer ma journée demain »
  • « Ce soir je dois absolument aller chercher mes enfants à l’école mais comment faire dans cet état… »

# Vous essayez de contrôler la situation alors que par définition elle est incontrôlable puisque vous ne pouvez pas contrôler votre corps .

Par exemple, vous refaites le passé en vous disant :

  •  « Qu’est ce que j’ai fait de mal ? »
  •  « D’où vient le fait que je me sente si mal ? »
  • « Peut être est-ce parce que j’ai mangé tel ou tel aliment qui m’a aggravé, je ne dois pas le supporter »
  • « Je n’aurais pas dû faire cette activité hier »…

Ainsi, vous vous rajoutez une couche de stress car que ce soit le passé ou le futur, vous n’avez aucun contrôle là-dessus.


# Ou quelquefois c’est une couche de culpabilité ou de victimisation qui occupe vos pensées :

  • « Pourquoi je me sens dans cet état c’est horrible, je n’en peux plus de vivre ainsi… »
  •  « Je n’ai pas de chance, pourquoi je vis cela ? »
  • « Je suis un mauvais parent, je n’arrive pas à m’occuper de mes enfants comme je le souhaiterais »
  •  « Personne ne me comprend pas »
  • « Les médecins ne m’aident pas, ils s’en fichent de moi »
  • « Je suis tellement seule, personne ne prend soin de moi… »

Vous rajoutez une dose de stress là où vous étiez déjà épuisé.


 Résultat: vous ne vous reposez pas mais en plus vous aggravez votre état de santé

La résistance inconsciente au repos


Là où cela devient plus insidieux, c’est quand vous ne pensez à rien de spécial, votre mental semble en paix, et pourtant votre repos n’est pas récupérateur. Cet état de résistance est totalement inconscient.

Vous pensez bien faire, vous êtes au lit ou sur votre canapé, cependant votre corps ne récupère pas même et vous ne comprenez pas pourquoi.

En fait pour vraiment comprendre ce qu’il se passe réellement dans ce cas-là, il faut envisager comment fonctionne votre système nerveux autonome et connaitre le rôle de ses différentes branches. Je vous rappelle que celui-ci est chargé de maintenir l’équilibre optimal dans votre corps: l’homéostasie.

En effet, sans que vous vous en rendiez compte, votre corps passe son temps à adapter votre biochimie, votre biologie pour répondre au mieux à vos besoins et vous permettre d’évoluer et de vous adapter au mieux à votre environnement. Tout cela se fait de manière totalement inconsciente, au sein de la partie la plus ancienne de notre cerveau : le cerveau reptilien basé dans le tronc cérébral.

Les 3 branches du système nerveux autonome


Vous avez surement entendu parler des systèmes sympathique et parasympathique comme étant des systèmes antagonistes: l’un mobilisant l’énergie du corps et l’autre la recapitalisant.

En fait ces dernières années, un neuroscientifique: Stephen PORGES a révolutionné nos connaissances au niveau du système nerveux avec la Théorie Polyvagale. Il a aussi montré que le système nerveux n’était pas composé de 2 branches mais de 3 ; permettant ainsi de mieux comprendre ce qu’il se passe dans le cadre d’une maladie chronique et de problèmes anxieux et/ou traumatiques.

Le système nerveux autonome comprend donc 3 branches puisque le système nerveux parasympathique est en fait scindé en 2 parties, avec chacune un fonctionnement bien distinct.

Une explication rapide (mais non exhaustive) de la Théorie Polyvagale

En résumé, on retrouve :

– Le Système Nerveux Parasympathique Ventral : en charge de réguler de manière optimale tout votre système nerveux pour que vous vous sentiez en forme, que vous puissiez être actif quand c’est nécessaire et vous reposer et récupérer de l’énergie dès que vous en avez besoin. C’est grâce à lui que vous pouvez guérir, reconstruire, récupérer…

A côté de cela vous avez deux autres branches plus anciennes :

Le Système Nerveux Sympathique (« Fight or Flight »): en charge de mobiliser l’énergie pour échapper à un danger rapidement sur le court terme.

Le Système Nerveux Parasympathique Dorsal ( « Freeze Response » – réponse d’Immobilisation/Gel): correspond à une vieille branche du nerf vague responsable entre autres du malaise vagal. Cette partie du système nerveux nous permet de survivre face à un danger mortel, elle est responsable de la survie de l’organisme.

Système nerveux autonome et maladie chronique


Il a été montré par différents chercheurs que lorsque l’on vit avec une maladie chronique, on a tendance à activer de plus en plus facilement et régulièrement le système nerveux sympathique pour effectuer nos activités quotidiennes.

Cette branche du système nerveux, qui est très efficace pour récupérer de l’énergie en réponse à un stress à court terme, n’est cependant pas du tout adaptée sur le long terme. En effet, pour recruter l’énergie disponible dans notre corps, elle produit des hormones qui à terme vont impacter l’organisme de façon négative.

Si vous vivez avec une maladie chronique, votre corps a tendance à recruter cette branche sans en avoir conscience puisque cela est devenu un automatisme de votre corps pour pouvoir mobiliser de l’énergie.

Le problème, c’est qu’il a été également montré qu’en mobilisant cette branche, cela inhibe par la même occasion la partie du système nerveux (le système nerveux parasympathique ventral ) qui est en charge de recapitaliser de l’énergie pour vous permettre de guérir et de vous reposer efficacement.

Vous rentrez donc dans un cercle vicieux où vous ne pouvez pas guérir puisque votre organisme a de moins en moins accès à cette partie de votre système nerveux qui est justement dédié à la guérison, au bien être et à la santé.


Note spécifique pour les personnes souffrant d’EM/SFC

Dans le cadre du syndrome de fatigue chronique, l’organisme recruterait prioritairement le système nerveux parasympathique dorsal (la vieille branche du nerf vague responsable de la « freeze response »). 

Ceci expliquerait l’état d’épuisement constant et la difficulté à reconstruire l‘énergie au niveau des mitochondries ( pour plus d’infos cliquez ici) .

Dans le cas de l’EM/SFC, il faut donc remplacer l’activation prioritaire du système nerveux sympathique par le système nerveux parasympathique dorsal pour comprendre pourquoi on ne se repose pas.


A retenir

Pour en revenir au sujet de cet article c’est à dire :« pourquoi vous ne vous reposez pas réellement ? »; vous ne vous reposez pas réellement car sans en avoir conscience votre organisme mobilise ces 2 branches (l’une ou l’autre en fonction de votre pathologie et des moments) qui sont des systèmes de défense de votre organisme et qui inhibent la branche en charge de récupérer, guérir, reconstruire….

Sans que vous en ayiez conscience votre corps n’est donc plus en état de récupérer, recapitaliser  de l’énergie puisqu’il n’arrive plus à activer la branche du système nerveux qui justement est affectée à cela.

Que faire ?


Alors comment faire pour remobiliser cette branche du système nerveux et vous permettre de retrouver un repos de qualité et récupérateur ?

C’est ce que j’aborde dans la deuxième partie de l’article « Comment retrouver un sommeil récupérateur? »

Pour aller plus loin…


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Podcast #1


Télécharger ou écouter le podcast :

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3 réflexions sur “Pourquoi votre repos n’est pas récupérateur ?

  1. très intéressant mais beaucoup trop long pour moi. Je me suis abonnée pour suivre car je me sens concernée. Merci 🙂

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